
| © Photographie Melly Lascaux Desbarres • |
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Écoles supÉrieures d'art de bretagne |
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| Melly Lascaux Desbarres 2006 option Art, Rennes L’espace n’est pas uniquement le lieu où se positionnent les œuvres, il est le territoire de résonance des œuvres. Perception ouverte et globale du lieu. À partir d’un espace donné, modifier la perception de l’environnement, faire dialoguer matériaux, lumière, couleur, architecture, volume. Interventions colorées dont les contraintes objectives sont dictées par l’architecture. Privilégier les lieux de passage. Principe de recouvrement ou de remplissage d’une surface. Engagement physique et effort improductif. Relation sensible, phénoménologique du corps à corps entre l’œuvre et le spectateur. Expérience singulière, physique mais de nature à engager une approche par la réflexion et la pensée. Expérimentation de la matière lumineuse. Immerger l’œil dans l’espace, générer la perte des repères spatiaux, et par conséquent le sentiment d’immatérialité et d’intemporalité. Décliner des éléments dans chacun des lieux d’exposition investit, considérant l’espace et son architecture comme des supports. Chacune des interventions s’avère unique, impliquant pour certaines des correspondances entre les matériaux, la couleur, la lumière naturelle et l’espace. Des « voiles » posés devant les fenêtres laissent passer une lumière dont la tonalité change avec le déclin du jour et se diffuse dans l’espace, ce dernier devenant également espace de temps. « Il faut mettre de l’art là où il est indispensable, c’est-à-dire partout. » Claude Lévêque. S’installer dans des lieux improbables. L’économie de moyens, la banalité des matériaux et l’espace de l’œuvre renvoient au quotidien où le geste de l’artiste est mêlé aux gestes ordinaires de la vie. Dispositifs éphémères qui constituent la géométrie d’un ailleurs, manière de filer entre les conventions esthétiques et commerciales. Type de travail qui n’est pas formaté au marché de l’art. Tout y est plus ou moins factice, fait de matériaux modestes, de facture médiocre. Ce qui compte, ce sont les aspects relationnels et les vibrations d’un lieu. Création légère, éphémère et gratuite qui éclate soudainement sans laisser de trace ; rien de plus que la délimitation arbitraire et transitoire d’un peu d’air, impermanence du monde manifesté. Le monde est une goutte d’air. Les mouvements et les sons, comme les formes, disparaissent dans le bleu, le vide accumulé, vide de l’air, vide de l’eau. Chemin de l’infini où le réel se transforme en imaginaire. |